Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 15:18
diplomat.jpeg

 

Depuis un bon moment déjà, j'avais pris l'habitude de tenir mes amis au courant de mes pérégrinations. En fouillant dans les cartons, j'ai retrouvé cette correspondance, relatant mon arrivée à Barcelone après mon exil volontaire en Allemagne. Je le mets ici, c'est un bon moyen de ne pas oublier ce qui me meut.
                                                                                                                                                                Barcelone, le 9 décembre 2007

 

...Je l'échangerais bien contre celle du roi du Maroc.  


Comme vous le savez peut-etre, j'ai quitté l'Europe occidentale pour atterrir dans le tiers-monde. Mon road-trip de 1400km m'a fait atterrir dans des bleds improbables, j'ai touché du doigt la morne solitude des aires d'autoroute, et j'ai finalement été accueilli en Pays basque par les douanes espagnoles.
Même pas une semaine que je suis là, et j'ai déjà eu à porter plainte chez les flics, aller chercher ma voiture à la fourrière, essuyer les refus de retrait carte bleue, et baraguiner de l'hispano-italien à des catalans dubitatifs...
Ici, il y a certains concepts qu'il vaut mieux oublier : le double vitrage, le chauffage dans les maisons, les chambres de plus de 15m² et les plats végétariens (j'aurais très bien pu l'être!). A part ça, on peut -techniquement- considérer que mon arrivée s'est bien passée.

Voilà, c'est en quelques mots le portrait que j'aurais pu vous dresser de mon arrivée À Barcelone si j'avais été un mouton mexicain dépressif.

Mais soyons réalistes, Barcelone c'est pas Maubeuge, et faudrait être un proche parent de Mr Merdocu pour ne pas s'y sentir À l'aise. Donc s'y je m'en remets à une narration de type chronologique, ma nouvelle vie ressemble à ca : Je suis arrivé dimanche dernier vers 21h, j'ai visité une coloc à 22h, j'ai commencé le taf lundi matin, j'ai signé mardi soir pour la coloc et emménagé mercredi. Donc là, je vous écris de mon bureau, les rayons du soleil caressent ma nuque et je songe a retirer mon pull pasque vraiment, cette chaleur, c'est insupportable. D'ailleurs, il ne manque qu'une poignée de degrés pour que je sorte me lover dans la rocking chair du balcon.
J'ai eu quatre jours pour me remettre de mes trois premiers jours de  travail (j'y suis pour rien moi si la fête nationale espagnole tombe PILE la semaine où je commence mon taf....). Sinon je maîtrise autant l'espagnol que Gaston Lagaffe la sténographie, donc les cours d'espagnol commencés mardi ne seront pas superflus... Et pour mettre toutes les chances de mon coté, je me suis installé avec des gens du cru, soit une francaise, une allemande et une italienne.
Niveau taf, je découvre enfin la signification de l'expression "ambiance jeune au taf", pleins de francais sympas ont été embauchés ces derniers temps, et avec les catalans c'est plutôt relax. Je m'investis beaucoup, ca paie assez vite, et j'ai compris ce que l'on attend de moi sur place. Bref, je trouve ma place dans l'économie capitaliste.
Je fais des trucs culturels pour justifier mon statut d'élite sociale, comme aller voir des films sous titrés, lire des revues indés dans mes chiottes, voir Joseph Arthur ou truc, le chanteur de Sonic Youth en concert, ou me laisser entraîner dans des troquets PMU par Arno.
Et comme ma boite a pas envie que je me surmène, ils me laissent repartir à mes corons du 23 au 1er, non mais! J'arrive donc bientôt, je prends Arno dans mes bagages, il n'a plus le droit de voyager tout seul depuis la fois où il a harcelé le pilote pendant deux heures pour savoir s'il avait mieux que son full house...
 
Vous me manquez tous plus ou moins,

Bizzz

MB

Par Maximum Bamboule
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 23:59
Ecrit du fond de ma tombe, un soir de répèt', en attendant que vienne la lumière...

janol-apin10.jpg

 

Une vie.

Une vie pour se construire, se définir, s'apprivoiser.
Et une éternité pour la contempler, la juger, la regretter. C'est long l'éternité. Rien à faire, rien à voir. Juste être avec les siens. Enfin, les gens avec qui on a partagé sa vie. Alors forcement, si on a pas fait les bonnes rencontres, les bons choix, ça laisse le temps pour le regretter.
C'est court finalement une vie. Une enfance impalpable, une adolescence inhibée, et une vie d'adulte parsemée d'erreurs, de lâchetés, de non-dits. Et je peux vous dire que dans l'infinie solitude de la tombe, c'est pas aux beaux souvenirs que l'on pense. c'est à tous ces petits ratés, ces mesquineries du quotidien, qui laissent un goût amer dans cette gorge rongée par la vermine. Quand en plus on doit partager l'éternité avec l'incarnation de ce gâchis à ses côtés, ça devient cruellement tragique.
Si je le pouvais, j'irais cracher sur la tombe de l'inventeur du caveau famillial.

 

 

credit photo : janol Apin, Metropolisson

Par Maximum Bamboule
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 21 décembre 2011 3 21 /12 /Déc /2011 12:16

smoking-girl.jpg

Du temps où j'avais des élèves, et prétendais enseigner des choses, j'avais noté sur un bout de carnet les prénoms de mômes qui me faisaient sourire. Il y en avait pour tous les goûts. Ainsi, certains parents ivres de communisme remplissaient mes classes de dictateurs en herbe nommés Lenin, Fidel, Stalyn, ou Tito. De fortes têtes, assuremment. La sous-culture gringo n'était pas en reste, avec des Dawson, Kelvin, Dylan voir Peter Smith ou Ronald Shark pour les plus illuminés. Dans la catégorie "la tradition orale a ses limites", j'avais noté Maytte, Josthyn, Dayana, et mon préféré, "May Frend". Comprenne qui pourra. Visiblement, il y avait aussi beaucoup de parents en quête d'exotisme pour leurs enfants. Et l'exotisme dans un  pays d'Amérique du sud, ça donne ça : Heidi, Ivonne, Lilibed, Dody, Tupac, Kathleen Paulette(!), Solange ou Katiuska.

Je terminerai ce billet par les prénoms improbables, de ceux qui garantissent brimades, calambours et enfance difficile : Géronimo, Darwin Stalin, Curi Sisa, Dagmar Simoneth, ou Genesis Bryitt.

Si avec ça les mômes ont une vie sociale épanouie, ce ne sera pas grâce à leurs parents...

 

 

credit photo : Frieke Janssens, smoking kids
Par Maximum Bamboule
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 16 septembre 2011 5 16 /09 /Sep /2011 01:40

I-Asked-For-Scrambled.jpg

Une nuit normale. Un été normal. Une respiration... normale.

D'un coup, tu en prends conscience, l'air te pénètre vraiment. Tu respires un peu plus profondement, pour voir, et tu te sens vivre davantage. Tes poumons n'ont jamais été aussi souples, génereux. Alors tu aspires plus longtemps à chaque fois. Et au fur et à mesure que tu respires fort et longtemps, tu te rends compte que l'inspiration après chaque expiration n'est plus vraiment automatique. Il faut y penser à chaque fois, ne pas oublier de relancer la machine. Alors l'angoisse monte. Tu ne penses plus qu'à ça. Ça t'obsède, ça te mange. Tu te demandes ce qui peut arriver si tu oublies une fois, juste une... Tes tempes battent comme une armée en marche, ta bouche devient sèche. Tu n'oses pas imaginer le moment où tu tomberas de sommeil.

 

Heureusement, c'est le moment où tu te réveilles, en nage.

Promets moi juste de ne plus boire de café avant d'aller te coucher.

Par Maximum Bamboule
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 8 septembre 2011 4 08 /09 /Sep /2011 02:51

Ami public, ma vie ne sera pas toujours un enchainement d'expériences heureuses et chatoyantes. Alors j'en profite le temps que ça dure. Et comme je suis bon et généreux, je te les raconte sans emphase.

 

Si toi aussi, ton enfance a  eu des ratés, tu as forcement connu "sauvez Willy". Un poisson plus gros qu'une maison, des bons sentiments à en friser l'indigestion, et un happy end aux relents de hareng. Bref, de quoi en rester quitte avec les mammifères marins pour au moins toute une vie.

Sauf qu'un beau matin d'été, au hasard d'une équipée sauvage sur la côte Manabi, on décide avec quelques volontaires en mal d'aventure de faire sept heures à treize dans un pick-up pour se retrouver sur le raffiot de Captaine Igloo. Objectif : voir des baleines, ne pas vomir mon quatre heures, et laisser stoïquement les embruns me fouetter le visage.

A peine la côte s'éloigne-t-elle à l'horizon, je sens que ça part mal. Un vicieux roulis, un insupportable crachin, et une mer desesperement neutre. Même pas un bout d'aileron à se mettre sous la dent, à peine quelques mouettes rieuses, et des compagnons de voyages febrilement piailleurs. Engoncé dans ma capuche, je scrute l'horizon, à la recherche de Moby Dick. Pour tuer le temps, j'entame la conversation avec le mousse du bateau. Sans doute moins baratineur que le mec qui nous a vendu les tickets, il m'annonce calmement qu'à cette époque de l'année, c'est pas bien sûr que l'on aperçoive une baleine. Chouette chouette. J'apprends aussi que normalement aujourd'hui ils ne devaient pas sortir en mer, mais qu'au dernier moment la cargaison d'armes avait été annulée, alors du coup le bateau était dispo. Et moi qui pensais que les trafiquants d'armes avaient tous des têtes de mafieux...

La conversation n'ira pas plus loin. Sortie de nulle part, une baleine emmerge de l'eau, majestueuse, et replonge avec fracas. Vision irréelle, fracture nette de l'oeil droit. Primo, la bête est plus grande que notre bateau. Si elle décide par malice de venir titiller notre frêle esquif, on jouera à "un homme à la mer" par paquet de dix. Secundo, cette apparition efface tous les mauvais clichés que j'avais sur les mammifères marins s'ébrouant dans l'eau. On est loin de la carte postale romantique ou du documentaire du commandant Cousteau. Une force de la nature joue avec la gravité, le splash est assourdissant, je me sens minus. 

Ca donnerait presque envie de troquer ses doigts opposables contre des branchies et des mains palmées.  

 

ALIM1841.JPG

 

 

 

Par Maximum Bamboule
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

A ver....

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés