Dimanche 21 août 2011 7 21 /08 /Août /2011 04:55

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Comme promis, aujourd'hui je vais vous parler d'étalons fougueux, de croupes rebondies et de chevauchées éreintantes. Enfin de chevaux quoi.  Pour ceux qui ne sont pas trop branchés 30 milions d'amis, je vous conseille de passer votre chemin, ça va être passablement niais.

Je suis d'un naturel assez peu élégant quand il s'agit de se déplacer. Alors si je monte à cheval, vu que cet animal a la classe, je me suis dit que ça me donnerait fière allure à moi aussi. Faux, archi-faux. Juste, ça rend ma monture un brin pataude. Même comme figurant dans un mauvais western, on m'aurait pas accepté. Moi, j'étais disposé à accepter mon sort benoîtement. Mais le sort en a décidé autrement.

Nous sommes au pied du Cotopaxi, un menaçant nuage appelé migraine m'empêche d'envisager les flancs du volcan avec convoitise, et je me résous à laisser filer mes compagnons de route sans moi. Par passion plus que par dédain, je pars en ballade à cheval avec un guide du coin. Le cheval qu'il me file, si ç'avait été un chien, je l'aurait appelé Rantanplan. Voyez le genre. Bref, pas une foudre de guerre. Déjà, j'aurais dû me douter quand mon guide ma demandé d'enfiler des éperons de cowboy, avec étoile pour faire bien mal aux flancs. Ce genre de truc, ça ferait même avancer un cheval d'arçon. Alors bon, j'encaisse sans rien dire, je les enfile. Mais pas question de les utiliser. Rapport à mes principes. Je préfère que ce soient mes mollets qui finissent en sang plutôt que ses flancs. Sauf que le canasson, il est bougrement lent. Et il n'aime pas le galop. Son truc à lui, c'est plutôt allonger le trot. Alors moi, mes fesses et ma selle western, on est pas trop d'accord. Ou comment transformer une chevauchée sauvage en partie de tape-cul. La solution, je crois l'avoir entre les mains : je me saisis d'un bout de corde qui traîne près de l'encolure, et je la fais tournoyer dans les airs avec ma main libre. Ah y est, je suis un cowboy. Quand l'impact psychologique sur ma monture s'estompe, je lui fouette les flancs sans conviction, et mon cheval tombe dans le galop - sans conviction- qui s'avère bigrement inconfortable. Le paysage a beau être idyllique, la ballade s'annonce catastrophique.

Mais pas question de capituler face à la médiocrité. Si mon cheval n'est pas à la hauteur de mes attentes, je n'attendrai pas pour prendre de la hauteur sur un autre cheval. Tiens, celui de mon guide par exemple. Observation du quoi de l'oeil, Questions faussement naïves, et attaque frontale : "Dis, tu me prêtes ton cheval?". Mon guide balbutie, bafouille, baragouine, et se demande jusqu'à quel point le client est roi. Il ne s'attendait pas à celle-là. Moi je ne m'attendais pas au canasson qu'il m'a mis entre les jambes. Comme ça on est quittes. À court de contre-arguments, il finira par accepter, non sans me bombarder de recommandations. Dans l'ordre, ça donne à peu près ça : Le cheval est jeune, très jeune. Le cheval est une jument. La jument n'est pas fourbe, mais fougueuse, généreuse et rapide. Ah oui, et si je lâche les rênes, on ne me revoit très certainement plus. C'est donc serein et apaisé que j'enfourche ma monture. Et déjà moins serein et moins apaisé que j'essuie mon premier échec : ma jument ne connaît pas la position arrêt. Je finis donc de régler mes étriers au pas, je voudrais pas la contrarier. Je reprends donc la route, tendu comme les rênes qu'agrippent mes mains moites. Un pas actif, confortable, une encolure cambrée qui dit oui, qui dit oui, et une pénétrante sensation que le cheval me veut du bien. Ne me reste plus qu'à lui offrir ce qu'il me réclame : un petit trot pour se dégourdir les jambes. Une légère poussée du bassin, et le voilà qui tombe... dans un galop léger, aérien, ponctué par une foulée lente et douce. L'autre cheval suit au trot, mais à cet instant je m''en fous, de toute façon il n'existe plus, il  n'y a plus que mon cheval et moi, les steppes lunaires et le Cotopaxi qui veille au loin. Je suis un centaure, mes jambes sont soudées à ses flancs, le mouvement de mon bassin épouse harmonieusement sa foulée gracieuse, et ses fers martèlent la terre avec véhémence. Sa respiration rageuse m'invite à le laisser pleinement s'exprimer : je lâche du leste, mes mains détendent leur étreinte, et je sens la puissance de ma monture se déployer. En une poignée de secondes, le galop est devenu frénétique, enivrant, et incroyablement rapide. Je savoure l'instant. Il n'y a pas d'adversité, la terre meuble nous accueille à chaque foulée, les pierres sont éparses et anodines, le relief  verdoyant copieusement arrondi. Vient alors le moment tant redouté où je me demande si j'arriverai à reprendre le contrôle de ma muse. Pesant de tout mon poids sur les étriers et la selle, je lui rappelle tant bien que mal que j'existe. La contrariété passée, ma jument daigne ralentir l'allure, docilement,  et retombe dans son galop de parade. Je redescends aussi sur terre. Du moins pour le moment. Juste le temps de savourer cet instant précieux, de le garder en bouche, de m'assurer qu'il était réel. Après treize années d'équitation, je viens d'avoir mon premier orgasme équestre. Sans mauvais jeu de mots. Le reste de la ballade ne sera qu'une répétition à l'envi de ces variations galopantes, tantôt dans une montée, tantôt dans un ruisseau, mais toujours loin de la réalité. Le retour au chalet, ponctué par une ultime course botte à botte avec le guide, fermera cette parenthèse enchantée. Le sourire béat, lui, restera figé sur mon visage une bonne partie de la journée.

Par Maximum Bamboule
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Samedi 20 août 2011 6 20 /08 /Août /2011 20:00

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Récemment, il m'a été donné la chance de faire un truc hors du commun. Je dis la chance, parce que c'est déjà une veine de connaître les deux gars qui m'ont embarqué dans cette aventure. Leur truc à eux, c'était de vouloir côtoyer les sommets. Et tant mieux s'il y a de la neige même en été.

A priori, je suis plutôt mal fagoté pour m'embarquer dans leur trip : Né dans le Nord, ma vie se bornait à priori à être horizontale. Chez nous, prendre de l'altitude c'était monter en haut du beffroi ou du terril du coin. Certes, je garde un heureux souvenir de ces longues marches dans les forêts de sapins vosgiennes en famille, mais la notion même de "dénivelé" m'était étrangère.

Il a fallu s'adapter.

Arrogamment dressée au milieu de ses consoeurs Equatoriennes, la pointe d'Ilinisa Norte chatouille les nuages du haut de ses 5100 mètres. Bien sûr, c'est sur cette sommité que mes compagnons de route ont jeté leur dévolu. Moi perso j'avais reperé deux trois collines rondement accueillantes, mais j'ai pas eu voix au chapitre. Même que j'ai pas moufté. J'ai enfilé mes moufles, mis mon bonnet à pompon, et j'ai suivi mes zouaves.

D'abord, y a un truc dont j'ai fait la douloureuse expérience : Se taper 1200m de dénivelé à 4000m, c'est pas la même chose qu'à 1500m. La respiration se fait courte, les muscles atrophiés. La démarche, alerte au début, devient pesante au fur et à mesure de la montée. Nos certitudes se noient dans les nuages, les cailloux roulent sous nos pas, les prises sûres se font rares. Paradoxalement, plus le paysage devient impressionnant, moins on prend la peine de l'admirer. La tête baissée, on se concentre pour mettre un pied devant l'autre. Franchement, à 5000m, c'est déjà un exploit. Les derniers 100m sont une lutte inégale entre le corps et le mental. A chaque fois que le corps dit stop,le mental lui botte le cul et l'oblige à repartir. Et quand ça ne suffit pas, un compagnon de cordée vient lui prêter main forte. Alors arrivé au sommet, tu penses bien que c'est joie et délivrance. Un bouillon d'ivresse, une complicité marquée au fer de la souffrance partagée, et un paysage à coupe le souffle (des fois qu'on en aurait encore un peu). Les pieds dans la neige, on surplombe une mer de nuages irisés parles rayons du soleil. Personnellement, je croyais que ce genre de truc ne se voyait qu'à travers le hublot d'un avion. A ce moment là, on a pleinement conscience qu'on est le maître du monde. Alors on invoque un chocolat chaud, après tout pourquoi pas. Face à cet échec annoncé, on perd un peu de sa superbe, mais on reste sublime, perché sur son rocher et son omnipotence.  Et c'est le moment que choisit notre regard pour ce poser sur la descente qui nous attend dans quelques instants. Forcément, on est pas venu en mobile-home. Et là, on a mal au moral. Pasqu'autant, les mollets qui palpitent sous les chaussettes d'avoir tant grimpé, c'est surmontable, mais les genoux se remettent moins facilement de la descente en mode bouquetin qui s'annonce. Si en plus le mal d'altitude s'invite aux réjouissances, ça donne une descente aux enfers. Pas moins. Les tempes martelées en continu, l'équilibre incertain, je dévale la pente rocailleuse comme un robot monté sur ressorts rouillés. Ça dure une heure, peut-être deux. Quand on se traîne on ne compte pas. L'arrivée à la Jeep n'est finalement pas une délivrance. Ce n'est qu'un échelon de moins dans la souffrance. Il me faudra quelques heures de plus et une bonne sieste pour reprendre une activité normale. Au final, à peine quelques courbatures de vieux brisquart, une grande victoire sur moi et ma flemme, et la satisfaction de pouvoir parler du Mont-Blanc avec dédain.

Et comme mon corps n'a pas toujours tord, j'attendrai un peu avant de cotoyer la cime du Cotopaxi. Je vais me contenter d'un petit galop dans les steppes environnantes.

Si vous êtes sages, je vous raconterai...

Par Maximum Bamboule
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Dimanche 14 août 2011 7 14 /08 /Août /2011 16:13

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Bon, j'avoue, j'ai craqué. Je suis reparti en douce en Équateur.

J'ai longtemps cherché un prétexte plus ou moins crédible. Faire le plein de bonne conscience sociale, escalader des gros cailloux, manger un papi-pollo ou célébrer l'amitié Franco-Equatorienne. Mais à peine arrivé à Quito, j'ai compris que tout ça c'était du flan : Ce qu'on vient chercher ici, c'est cette douceur de vivre, ce sentiment de doux flottement...

Grosso modo, ça s'est passé comme ça :

J+0, Pas encore de raison de sauter au plafond : Je suis dans un bus mal climatisé, la télé est à l'envers, il fait moite et mon tee-shirt se colle à moi, comme si j'étais ce qu'il avait de plus cher au monde. La moiteur, on s'en accommode dans la jungle. Dans d'autres circonstances, c'est juste insupportable.
H+2 : Je suis bien dans l'avion. Un oreiller, une couverture, un écran individuel : Ça change des vols Ryanair. Vu que je suis cerné par des mioches braillards, j'opte vite pour l'autisme télévisuel. The big Bang Theory, The Middle, Dr House, Glee, The Simpsons... Je pensais pas qu'un aller simple Barcelone- Bogota suffisait pour se refaire une culture sitcom. Là où je me suis senti vieux, c'est quand je me suis rendu compte que j'étais le seul à commencer mon marathon des séries par un épisode de Friends. A l'instar du double menton de Chandler, la série a mal vieilli. Enfin je trouve. Quand j'ai épuisé le stock de bonnes séries et de films potables, je finis par tuer le temps au solitaire. 11 heures, faut  les meubler, et puis je suis sûr que je peux faire mieux que 4'26''.
Arrivé à l'aéroport de Quito, première bonne surprise : Je retrouve ma pote allemande et son groupe de joyeuses volontaires. Celles-là même que je rejoindrai dans deux semaines sur la côte. A priori, plutôt sympathiques. Mais difficile à dire derrière l'épaisse couche de fatigue qui nous macule. La suite, c'est un long tête à tête de cinq heures avec mon oreiller. L'émerveillement attendra que je sois apte à m'en laisser imprégner...

Par Maximum Bamboule
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Jeudi 7 juillet 2011 4 07 /07 /Juil /2011 01:09

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Mon corps adore courir. Moi, personnellement, je trouve ça méga-chiant...

Par Maximum Bamboule
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Lundi 4 juillet 2011 1 04 /07 /Juil /2011 23:31

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Quand j'étais petit, mon amoureuse s'appelait Céline.

Bon, le truc, c'est qu'elle le savait pas. Parce que même en étant très demonstratif, c'est un peu impossible de faire comprendre ce genre de chose autour d'une balle au prisionnier. Non, il faut plutôt prendre son courage à deux mains, se planter devant la belle, et lui proposer de partager son gouter en rougissant. ou tout balancer à sa meilleure copine à la cantoche en esperant très fort qu'elle chopera pas un fou rire humiliant. Sauf que du courage, moi, j'en avais pas beaucoup. Et la meilleure copine de Céline, c'etait une pimbeche que je pouvais pas saquer.

Et puis un jour, j'avais dû avoir un vingt sur vingt en dictée ou gagner plein de billes à la récré, bref, je me sentais aussi fort que Goldorak, et je me suis jeté à l'eau. Planté devant ma muse, je lui avouais ma flamme. Et l'espace d'un instant, son regard fut aussi petillant que le mien. Orage émotionnel, frisson inédit, j'étais tout chose. Sans se démonter, Céline m'annonça qu'elle me donnerait sa réponse mercredi, après le cours de chant. Trop heureux de ne pas me faire débouter, j'en oubliais de trouver louche sa négociation amoureuse. Naif. Les sentiments, ça se révèle petit à petit. Mais si l'effeuillage devient payant, c'est qu'on s'est trompé de mannequin.

La vérité, je l'ai appris quelques jours plus tard. J'étais en concurrence avec Marc, un caïd de l'autre classe de CE1. Entre mon sourire enjôleur et ses dents pourries, le combat était inégal. Sauf que le discernement, je l'ai appris à mes dépens, c'est un truc super mal réparti sur terre. Alors mon sourire, forcément, je l'ai gardé pour moi.

Et je suis retourné jouer aux billes avec mes copains. Les filles, on verra ça au collège.

Par Maximum Bamboule
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A ver....

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