Samedi 20 août 2011 6 20 /08 /Août /2011 20:00

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Récemment, il m'a été donné la chance de faire un truc hors du commun. Je dis la chance, parce que c'est déjà une veine de connaître les deux gars qui m'ont embarqué dans cette aventure. Leur truc à eux, c'était de vouloir côtoyer les sommets. Et tant mieux s'il y a de la neige même en été.

A priori, je suis plutôt mal fagoté pour m'embarquer dans leur trip : Né dans le Nord, ma vie se bornait à priori à être horizontale. Chez nous, prendre de l'altitude c'était monter en haut du beffroi ou du terril du coin. Certes, je garde un heureux souvenir de ces longues marches dans les forêts de sapins vosgiennes en famille, mais la notion même de "dénivelé" m'était étrangère.

Il a fallu s'adapter.

Arrogamment dressée au milieu de ses consoeurs Equatoriennes, la pointe d'Ilinisa Norte chatouille les nuages du haut de ses 5100 mètres. Bien sûr, c'est sur cette sommité que mes compagnons de route ont jeté leur dévolu. Moi perso j'avais reperé deux trois collines rondement accueillantes, mais j'ai pas eu voix au chapitre. Même que j'ai pas moufté. J'ai enfilé mes moufles, mis mon bonnet à pompon, et j'ai suivi mes zouaves.

D'abord, y a un truc dont j'ai fait la douloureuse expérience : Se taper 1200m de dénivelé à 4000m, c'est pas la même chose qu'à 1500m. La respiration se fait courte, les muscles atrophiés. La démarche, alerte au début, devient pesante au fur et à mesure de la montée. Nos certitudes se noient dans les nuages, les cailloux roulent sous nos pas, les prises sûres se font rares. Paradoxalement, plus le paysage devient impressionnant, moins on prend la peine de l'admirer. La tête baissée, on se concentre pour mettre un pied devant l'autre. Franchement, à 5000m, c'est déjà un exploit. Les derniers 100m sont une lutte inégale entre le corps et le mental. A chaque fois que le corps dit stop,le mental lui botte le cul et l'oblige à repartir. Et quand ça ne suffit pas, un compagnon de cordée vient lui prêter main forte. Alors arrivé au sommet, tu penses bien que c'est joie et délivrance. Un bouillon d'ivresse, une complicité marquée au fer de la souffrance partagée, et un paysage à coupe le souffle (des fois qu'on en aurait encore un peu). Les pieds dans la neige, on surplombe une mer de nuages irisés parles rayons du soleil. Personnellement, je croyais que ce genre de truc ne se voyait qu'à travers le hublot d'un avion. A ce moment là, on a pleinement conscience qu'on est le maître du monde. Alors on invoque un chocolat chaud, après tout pourquoi pas. Face à cet échec annoncé, on perd un peu de sa superbe, mais on reste sublime, perché sur son rocher et son omnipotence.  Et c'est le moment que choisit notre regard pour ce poser sur la descente qui nous attend dans quelques instants. Forcément, on est pas venu en mobile-home. Et là, on a mal au moral. Pasqu'autant, les mollets qui palpitent sous les chaussettes d'avoir tant grimpé, c'est surmontable, mais les genoux se remettent moins facilement de la descente en mode bouquetin qui s'annonce. Si en plus le mal d'altitude s'invite aux réjouissances, ça donne une descente aux enfers. Pas moins. Les tempes martelées en continu, l'équilibre incertain, je dévale la pente rocailleuse comme un robot monté sur ressorts rouillés. Ça dure une heure, peut-être deux. Quand on se traîne on ne compte pas. L'arrivée à la Jeep n'est finalement pas une délivrance. Ce n'est qu'un échelon de moins dans la souffrance. Il me faudra quelques heures de plus et une bonne sieste pour reprendre une activité normale. Au final, à peine quelques courbatures de vieux brisquart, une grande victoire sur moi et ma flemme, et la satisfaction de pouvoir parler du Mont-Blanc avec dédain.

Et comme mon corps n'a pas toujours tord, j'attendrai un peu avant de cotoyer la cime du Cotopaxi. Je vais me contenter d'un petit galop dans les steppes environnantes.

Si vous êtes sages, je vous raconterai...

Par Maximum Bamboule
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A ver....

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